À Thiès, les académiciens de la Green Academy ont poussé les portes de GIPS/WAR (Groupe d’initiatives pour le progrès social/West Africa Region), une organisation qui développe des initiatives agroécologiques, des solutions fondées sur la nature et des espaces d’innovation au service des communautés.

Cette visite répondait à un objectif précis : documenter et analyser une initiative territoriale de transition agroécologique, pour mieux comprendre les conditions qui permettent de la consolider, de la répliquer ou de la faire changer d’échelle à travers l’action publique.

La rencontre a débuté par une présentation de GIPS/WAR et de plusieurs de ses initiatives. Parmi elles, le projet PRECAP, qui apporte des réponses aux problématiques liées aux inondations à Thiès. Les académiciens ont également découvert le travail mené autour des biopesticides, notamment ceux développés à partir du neem et du moringa, présenté par Yaye Rokhaya Ngom, membre de GIPS/WAR.

Après les échanges, place au terrain. Dans le laboratoire de la structure, les académiciens ont pu observer les différentes étapes d’expérimentation et de mise au point des solutions fondées sur la nature. Ce qui avait été présenté quelques instants plus tôt a pris une forme concrète : expérimenter, tester, observer et chercher des réponses adaptées aux réalités locales.

La visite s’est poursuivie autour d’un ndadjé, installé à même la natte, avec Tata Julie Cissé, directrice de GIPS/WAR et figure engagée de l’agroécologie au Sénégal    et de l’autonomisation des femmes. La discussion a permis de revenir sur les défis qui traversent nos systèmes alimentaires, mais aussi sur les parcours de femmes formées à l’agroécologie au sein de cet espace.

Pour plusieurs d’entre elles, ces apprentissages sont devenus bien plus qu’un savoir-faire : une activité génératrice de revenus et une voie vers davantage d’autonomie. Savons, épices et autres produits fabriqués sur place témoignent de cette dynamique.

Entre les expériences de Tata Julie Cissé, les témoignages des femmes et les questions des jeunes académiciens, les échanges ont rapidement pris la forme d’un dialogue entre générations et entre savoirs. Une rencontre où l’expérience du terrain est venue nourrir la réflexion de jeunes engagés sur l’avenir de nos systèmes alimentaires.